mardi 23 février 2010

Alexandre Messina, Les Marais Criminels

Alexandre Messina, à droite, en conversation 
avec Pierre Barouh pendant le tournage.
Comédien formé sur les planches par Pierre Reynal, Alexandre Messina s'est lancé avec passion dans l'aventure de la réalisation. Après plusieurs courts-métrages et documentaires, un premier long en 2006, il nous présente aujourd'hui Les Marais Criminels, road movie sur deux âmes perdues en plein Marais Potevin.

Alexandre Messina envisage l'entreprise de réalisation comme un parcours de recherche. Il admet  la difficulté de concilier une volonté d'originalité avec une réalité cinématographique dont l'horizon serait en quelque sorte arrivé à son extrêmité. Il s'agit de révolutionner non plus sur la forme, puisque tout semble avoir été fait par les plus grands, mais sur le fond. Il se concentre donc sur ce qu'il appelle « l'âme des personnages », le ressenti des acteurs, leur mécanique d'incarnation.


C'est pour cela qu'il a choisi de très peu écrire le scénario des Marais Criminels, laissant ainsi une grande liberté à ceux qu'il dirige et une grande place à l'émotion brute. Il refuse toute tentative de conditionnement du spectateur ; tout décrire sur le papier jusqu'au dernier battement de cil est pour lui plus qu'une aberration. Entreprise louable mais très peu appréciée par les sociétés de production amarrées à la notion de rentabilité. Fort heureusement, il a rencontré des individus qui ont cru en lui et l'ont aidé à mener à bien ce projet. Il cumule ainsi les casquettes de réalisateur, co-scénariste et producteur. Responsabilités lourdes à porter mais c'est un passionné, passionné exigeant qui aime  avant tout partager, échanger et faire découvrir.

Alexandre Messina raconte qu'il a découvert le Marais Poitevin un peu par hasard et a été immédiatement séduit par l'atmosphère des lieux. L'omniprésence de l'eau, la tranquilité des espaces, semblaient le meilleur refuge pour ses deux héroïnes en mal d'amour à la recherche d'elles-mêmes. Afin de pousser l'expérience à son paroxysme, internet, télévision et téléphones portables ont été bannis du tournage, obligeant les deux jeunes actrices principales Céline Espérin et Ophélie Bazillou à une introspection parfois douloureuse. Ce processus de création pourrait paraître extrême, néanmoins il a permis aux individus de se révéler, de se réincarner et  d'apporter fraîcheur et intensité au récit : « Il y a une grâce sur ce film que je n'ai rencontré nulle part ailleurs », précise t-il.


En amenant ainsi les êtres à se dépasser, Alexandre Messina offre au spectateur un univers rempli d'idéaux brisés et de rêves inaccomplis, qui puise sa force dans le renouvellement constant des individus et de leurs aspirations. Ce film est le projet d'une décennie mais pas celui de toute une vie, alors à quand le prochain ?





Les Marais Criminels
Sortie le 3 mars 2010

vendredi 19 février 2010

Micky Green - Honky Tonk

Sortie le 15 février 2010

Il y a deux ans on découvrait la pop acidulée de Micky Green avec son premier album White T-Shirt, dont le titre phare Oh ! résonne encore sur les dancefloors. La jolie blonde australienne revient avec un deuxième opus, Honky Tonk, dans les bacs depuis le 15 février.

Elle a de faux airs de Marylin, des yeux de biche, un passé de mannequin et vient de l'autre bout du monde mais c'est en France qu'elle a posé ses valises. Lassée des podiums, elle a élaboré avec Renaud Letang (producteur de Manu Chao et Alain Souchon) son premier album White T-Shirt.

Forte du succès et de l'engouement provoqués par ce premier essai musical elle a voulu réitérer l'expérience. L'enjeu était de taille, il s'agissait de séduire à nouveau un public de plus en plus pointilleux. Elle a donc enclenché un virage à 180 degrés et nous propose des compositions à l'accent groove et envoûtant, axés sur la voix langoureuse de la demoiselle. L'ambiance est intimiste, funky, ponctuée par les cuivres et les choeurs. On ouvre une nouvelle porte, marquée par des influences jazzy et soul. Plus posé, Honky Tonk nous entraîne sur les grandes artères américaines et nous donne envie de dévorer les kilomètres au volant d'une belle mécanique. Le titre de l'album est une référence aux Rolling Stones, icônes du rock habitués aux titres anthologiques.



La musique comme échappatoire, c'est ainsi que Micky perçoit le règne des notes. Elle expérimente, elle évolue, elle va mêm jusqu'à miauler sur le titre Scaredy Cat. Sa musique accompagne la fin de l'hiver et nous amène à la lisière du printemps, donnant des envies de pique-nique dans les bois et de cafés en terrasse. On regrette un peu la régularité rythmique de ces treize nouveaux titres mais on ne saurait en nier l'efficacité et l'attrait. Parfait pour commencer la semaine et redonner envie de sourire dans le train-train quotidien.


Un peu de verdure dans la grisaille, Micky Green sera en concert dans toute la France à partir de mars 2010 pour partager les clés de son jardin.




Micky Green - Honky Tonk





Sortie le 15 février 2010


www.mickygreen.com

www.myspace.com/mickygreenmusic

mercredi 17 février 2010

Les Marais Criminels

Sortie nationale le 3 mars 2010.
Réalisé par Alexandre Messina avec Ophélie Bazillou et Céline Espérin

Sur les traces de Thelma et Louise

Juillette, jeune danseuse, rêve de firmaments et de Lac des cygnes. Mais c'est sous les traits de Shéhérazade que chaque nuit elle s'effeuille dans un bar glauque de la Place Pigalle. C'est là qu'elle rencontre au hasard d'un couloir Axelle, aspirante serveuse.

Une dispute, un coup de feu, la panique et puis la fuite. Au fil des kilomètres, ces deux âmes à la dérive vont apprendre à se connaître, à s'apprivoiser. Sans but ni attaches elles vont errer sur les routes de Vendée, découvrir des paysages, des ambiances de villages et des parfums de liberté. Dérivant au hasard des rencontres et des chemins de terre, leur quête d'un refuge va les mener jusqu'au Marais Poitevin. C'est au milieu des chevaux et des canaux qu'elles vont tenter de reprendre pied, de sortir du tourbillon de la cavale.


Histoire de femmes


Axelle et Juillette, isolées au milieu du monde sont deux coquilles d'oeuf prises dans la tourmente. L'une est chêne, l'autre roseau. La vie, sans les épargner leur a donné l'opportunité de se rencontrer. Elles doutent, pleurent, crient, se cherchent et se bousculent, Juillette repousse les limites, Axelle les construit. D'une rencontre atypique naît la fusion où chacune se dilue.

Alexandre Messina, réalisateur et co-scénariste, avait tout d'abord envisagé un couple homme-femme pour cette cavale à quatre mains. Mais au fil du processus de création, l'idée d'une distribution féminine s'est peu à peu imposée. Car la tension sexuelle entre deux individus de genres différents aurait risqué de détourner le propos du film qui était de montrer la beauté d'un instant, d'un vécu, d'une histoire. Il a choisi de tourner dans le Marais Poitevin pour son isolement et sa lumière. Pour ces instants magiques où le temps est suspendu et les paillettes d'or affleurent à la surface de l'eau. Directeur exigeant,
Alexandre Messina a tenu à créer pendant le tournage des conditions hors normes, coupées du monde. Paradoxalement il laisse énormément de libertés à ses acteurs en réduisant le scénario à son substrat, permettant ainsi une improvisation permanente qui créé cet effet de fraîcheur et de spontanéité.


Céline Espérin et Ophélie Bazillou nous offrent un duo solaire et initiatique dont la pureté fait envie. A découvrir sans scrupules ni a priori, Les Marais Criminels sont un souffle de vie.



mardi 16 février 2010

Ander - Roberto Caston

En salles le 17 février 2010


Le film de Roberto Castón part à la découverte de l'amour.


Romance au Pays Basque


Ander, célibataire endurci, vit avec sa mère et sa soeur Arantxa dans une région isolée du Pays Basque, la Biscaye. Sa vie est partagée entre les travaux de la ferme familiale et l'usine du coin. Peu de temps pour les loisirs, quelques heures dans les bras de la douce Reme la prostituée, quelques beuveries viriles, voilà tout. Jusqu'au jour où, immobilisé à la suite d'un accident, il est obligé d'engager José, un ouvrier agricole argentin. José débarque ainsi avec son petit sac, son sourire lumineux, sa douceur et sa timidité. L'immigré va bouleverser le monde si cloisonné du paysan et lui faire ressentir des choses dont il ne soupçonnait même pas l'existence, faisant voler en éclats ses certitudes originelles.

Aimez-vous les uns les autres


Primé dans divers festivals et notamment au Festival International de Berlin où il a reçu le prix Cicae, Ander est le premier long-métrage de l'Espagnol Roberto Caston. Président du Festival international de Cinéma Gay, Lesbien, Bisexuel et Transsexuel de Bilbao depuis sa création en 2004, Caston voulait représenter l'amour sous toutes ses formes. Histoire de compliquer les choses, il a choisi de situer son histoire dans un milieu rural, fermé, où les valeurs morales priment et où aucune place n'est faite à la sensiblerie. Josean Bengoetxea est parfait en ours bourru quarantenaire en mal d'affection et Christian Esquivel, que l'on a pu apercevoir dans le Che de Soderbergh, campe un déraciné à l'aura solaire. Leur histoire d'amour, qu'elle soit considérée comme atypique, hors norme ou indécente ne peut laisser indifférent. La force qui émane des sentiments pourrait être utilisée dans une logique moralisatrice mais il n'en est rien.



Pas de révolution donc, mais de l'amour, beaucoup d'amour, que demander de plus ?



Ander
un film de Roberto Castón
Avec Josean Bengoetxea, Christian Esquivel.


Durée : 1h48