samedi 10 juillet 2010

Les Blérots de R.A.V.E.L

Sept hurluberlus, un album et un concentré de bonne humeur.


 La tête à l'envers
De l'énergie, les Blérots en ont à revendre. Après leur précédent album, Timbré, ils ont sillonné les routes de France pour présenter le spectacle-tournée du même nom pendant deux ans, cent quinze dates au total. Ils en ont profité pour sortir un livre Ravalement de façade et enregistrer Sauve qui peut, le petit dernier.

Bêtes de travail les Blérots. Cette formation fanfaronesque est née dans les Yvelines (78) en 1996. En tête de peloton Alice Noureux l'énergique et Fred Joiselle le grinçant qui élaborent pour notre plus grande joie des textes drôles souvent, plus sérieux parfois mais toujours empreints d'une finesse dentellière. Sont décortiqués nos petits travers, grosses colères et lâchetés diverses et variées.

Ils ne se contentent pas de s'enfermer pour composer leur petit théâtre de vie, ils l'incluent dans une sorte de « pack » tout compris où support musical et scénique sont rassemblés. Il s'agit de faire vivre la musique, de lui donner l'espace nécessaire pour en extraire tout ce qu'elle a à donner, de l'amener vers une issue accomplie. Le fil conducteur de tout ça, c'est la communauté. Le nombre de participants est fluctuant. Qu'ils soient deux, cinq ou dix, se maintiennent des principes de partage et d'association, éléments indispensables à une cohésion productive. Il s'agit de composer avec les envies, les doutes et créations de chacun.

Qui aime suive
Onze titres pour Sauve qui peut et onze univers différents. La voix d'Alice s'envole vers l'hystérie dans File d'attente, pour se faire plus grinçante sur le titre Langue de pute. Fred quant à lui anime des personnages de sa voix posée et chaude qui insuffle vie et sourires. Les cuivres dominent, il s'agit de ne pas laisser le rythme s'étioler. Les paroles sont mêmes supprimées comme dans Radio Tribale où des accents méditerranéens se font entendre ; on devine presque l'odeur du jasmin tant la musique est chaleureuse. On pète les plombs dans Fusibles et on se moque des dragueurs dans Fleur bleue.

Une nouveauté fait également son entrée : le japonais dans Baku-Baku. On s'internationalise chez les Blérots, puisque l'anglais se fait aussi une petite place grâce à Like an elephant. Parfois absurde mais toujours jouissif, la farandole musicale entraîne. On a le pied qui bat la mesure et la tête qui dodeline, ça sent la routes de vacances, les cheveux au vent, les grands pique-niques entre copains et les soirées au coin du feu. Vive l'été !!

Les Blérots de R.A.V.E.L - Sauve qui peut
Sortie le 17 mai 2010

mardi 11 mai 2010

Sashird Lao - Open the Box

Sortie le 25 mars 2010

Après deux albums (3 secrets en 2008 et Watsdis en 2005, salués par la critique), une brassée de prix et récompenses, Sashird Lao revient avec dans ses bagages Open the Box, petit bijou aux multiples alliages. Les joailliers Yona Yacoub, David Amar et Fred Luzignant ont su trouver la combinaison idéale qui leur permettra de conquérir beaucoup, beaucoup de monde !

Sur une base jazzy, ajoutez une pincée de soul, quelques grammes de world music, un soupçon de cuivres et une goutte de percussions et vous obtenez Open the Box, le nouvel opus de Sashird Lao. Pionnier d'une musique ouverte aux quatre vents, le trio niçois, lauréat du Coucours National de Jazz de La Défense en 2006, Prix du Public au Festival de Juan en 2007 nous ouvre les portes d'un monde affranchi des frontières culturelles. Le titre d'ouverture, Kalimanji So, nous guide sur les routes du Rajasthan, les tablas rythment le pas et les voix de Yona Yacoub, David Amar et Fred Luzignant nous entraînent pour une balade au bout du monde.


Escale à Babylone, petit détour  sous l'influence des grands noms du jazz (Bobby Mc Ferrin, Duke Ellington) et expérimentations vocales. Ils chantent en anglais, langue fédératrice par excellence, à laquelle viennent se greffer des sonorités indiennes, latinos ou arabes. La musique électro se joint à la fête, la diversité propice à la dilution des barrières fait son oeuvre et l'entreprise de séduction fait des émules. Vous serez conquis par ce nouveau bijou de la scène contemporaine qui sait si bien marier les goûts et les couleurs et nous offre un véritable plaidoyer en faveur des différences.


Leur masala épicé ne gratte pas la gorge n'irrite pas les oreilles, il adoucit les moeurs. Véritable rayon de soleil musical sous le feu duquel on peut se laisser dorer sans complexe ni appréhension, Open the Box est à découvrir. Bonheur garanti.






Sashird Lao - Open the Box


Sortie le 25 mars 2010

www.myspace.com/sashirdlao

Arno - Brssld

Le 1er juin 2010
Casino de Paris

L'écorché belge est de retour sur les ondes et les routes avec un nouvel album, Brussld, dark et élégant, textes en anglais et français et toujours cet univers particulier aux accents revendicatifs.

La photographie de la pochette montre un Arno perplexe, contemplant une botte noire solitaire. A côté de ses pompes le chanteur belge ? Rien n'est moins sûr. Il revient sur le devant de la scène avec des textes forts aux paroles dures et acérées. Il ne faut pas essayer de le berner l'homme aux cheveux d'argent et à la voix rauque. Il parle de la vie qui se délite (Mademoiselle), des femmes qui subissent la violence des hommes (Quelqu'un a touché ma femme) et de Bruxelles, sa ville, la capitale de son plat pays à lui. Une force palpable, une colère enfouie qui se révèle au travers de chansons dont la moitié sont chantées en anglais, ce qui donne à l'album une aura rock, plus sombre, plus tourmentée que sur les précédents.


Séduire d'accord mais avec des textes engagés, pas de place pour la niaiserie et la douceur guimauve. Dans How are you, l'accent est mis sur la solitude de l'être, ses angoisses, ses peurs, le froid de l'isolement qui s'insinue sous l'épiderme et donne la chair de poule. Sans langue de bois ni fausse pudeur, Arno dépeint le monde tel qu'il le voit, rempli de vilainie, de bêtise, dominé par l'argent et la pingrerie où chacun se préoccupe de son nombril et en oublie de regarder son voisin.


Fresque du genre humain, Brussld offre un panel d'univers sombres qui se croisent et se mêlent. Reprise de Get up, Stand up du mythique Bob Marley, piano-voix et une amertume palpable. Le message pourrait plomber, il donne au contraire envie, envie de s'arrêter pour écouter le coeur de la vie qui bat dans ce monde trop plein d'inégalités.


Arno donne de la voix et nous montre la voie.

mercredi 14 avril 2010

Arthur H - Mystic Rumba

Sortie le 22 mars 2010

Le chanteur à la voix rocailleuse s'offre une compilation de ses chansons préférées, 24 titres pour mettre nos pas dans les siens, se laisser emporter par la douceur et la poésie de son univers.

Dans la famille Higelin, je demande le fils, Arthur. Fils de, frère de, difficile de... Pas quand le talent est au rendez-vous. Celui que l'on aurait pu surnommer l'homme à la tête de chou (mais le surnom était déjà pris) est un conteur. Il nous ouvre les portes des destins de  Bo Derek, Nancy, Tarzan, Kevin B., personnages de contes oniriques où la magie se mêle à l'encre de la plume pour donner naissance à des tableaux enchantés remplis d'émotions, de guimauves et de petits instants précieux.


Annabelle est l'Alice de son chapeau, Le chercheur d'or le lapin blanc. Monde utopique, enfantin, serait-ce Peter Pan qui ferait des siennes? Se dissimule derrière parfois des thèmes métaphysiques, plus  forts, plus durs, révélateurs de failles qui rehaussent de gravité et d'émotions des fables écrites avec finesse.

Piano-voix, le strict minimum pour le maximum d'effet. Arthur H se fait plaisir et cela se sent, on l'imagine dans l'ombre d'une lumière tamisée, penché sur les notes noires et blanches d'un clavier en mouvement ou descendant les rapides du Grand Canyon sur un radeau de fortune. Où qu'il aille, on n'a qu'une envie : le suivre.



Après la reconnaissance de ses pairs traduite par une victoire de la musique en 2009 pour l'album L'homme du monde, Arthur H revient à ses essentiels. Il a eu envie de leur donner une nouvelle vie, acoustique celle-là, qui leur donne un cachet presque sépia tant la douceur nous porte. Les images défilent au rythme des portraits tracés avec des notes fluides et envoûtantes. La voix rauque, éraillée séduit et alerte. Bercés par des morceaux de vies, on se laisse dériver sur un nuage entre la terre et les étoiles. Jouissif.





lundi 1 mars 2010

Ophélie Bazillou et Céline Espérin : Les criminelles des marais

Sortie le 3 mars 2010

Ophélie Bazillou (à gauche) et Céline Espérin (à droite), pendant le tournage des Marais Criminels.

Ophélie Bazillou et Céline Espérin sont les jeunes héroïnes du deuxième long-métrage d'Alexandre Messina, Les Marais Criminels.

L'une est blonde, espiègle et joueuse, l'autre châtain, calme et posée. Leurs différences  rappellent celles qui opposent leurs personnages dans Les Marais Criminels, Juillette et Axelle. Quatre femmes pour seulement deux enveloppes charnelles et le métier d'actrice prend tout son sens. Passionnées par le théâtre et la scène, Ophélie Bazillou et Céline Espérin n'en sont pas à leur coup d'essai. Avant leur rencontre avec Alexandre Messina, le réalisateur des Marais Criminels, elles ont exercé leur talent, sur les planches majoritairement, mais aussi pour la télévision et le cinéma. La passion de l'expression et un besoin impérieux d'exercer leur art leur ont permis de nous démontrer dans un road movie initiatique la qualité de leur implication.

Se mettre à la place d'un autre est un processus compliqué. Il s'agit de laisser place à une entité fictive qui ne demande qu'à s'incarner. Défi périlleux relevé avec brio.



Le théâtre comme un exutoire

Grande timide, Ophélie Bazillou s'est guérie de sa peur des autres grâce au théâtre. Elève de l'Ecole Stanova, c'est toute petite, en tutu et collants qu'elle a découvert ses premières sensations scéniques.


La révélation. L'envie de partager avec un public ne l'a dès lors plus quittée. La rigueur et la discipline inhérentes à la danse lui ont permis d'acquérir une connaissance parfaite de son corps. Forte de cet atout, incarner un personnage n'est pas seulement d'ordre psychologique mais aussi physique, elle se glisse dans la peau d'une autre tout en douceur. Intégralement. Avec une formation initiale basée sur l'improvisation elle a pu répondre aux attentes d'
Alexandre Messina qui en réalisateur focalisé sur l'émotion primaire écrit très peu les scénarii. Elle nous propose ainsi une Juillette fragile et forte à la fois, jeune fille perdue en mal d'amour qui s'accroche à ceux qui prêtent attention à elle. La frontière entre le rôle et la réalité est ténue, on a envie de protéger l'actrice et son double tant la sensibilité semble à fleur de peau. Et toujours ce besoin de plaire, de séduire : mission réussie, on est charmé !

La passion révélée


Jeune fille dotée de parents pragmatiques, Céline Espérin a d'abord suivi une formation d'interprète avant de se lancer dans le métier de comédienne. Diplôme en poche, ayant rempli son « contrat parental », elle a commencé à exercer le métier de comédienne qui s'était révélée à elle comme une évidence. Elle a beaucoup joué au théâtre, s'est initiée à la direction, toujours avec cette envie inaltérable de créer, de construire des univers et de faire émerger de nouveaux horizons.
Alexandre Messina a su voir en elle un potentiel indiscutable et lui a confié le rôle d'Axelle, jeune fille timide et discrète qui prend à bras le corps le mal-être de sa compagne de cavale. Elle nous offre dans Les Marais Criminels une interprétation souple, tout en douceur d'une écorchée vive qui ne sait plus trop où elle va mais qui, malgré l'absence de repères trouve toujours les ressources nécessaires à un renouveau. Elle a la fraîcheur d'une Katie Jarvis (Fish Tank) et le talent d'une passionnée, consciente des difficultés d'un métier basé sur le paraître. On lui souhaite encore beaucoup de beaux projets comme celui là.

Duo de femmes, duo de personnalités, Ophélie Bazillou et Céline Espérin se révèlent et se cherchent, se retrouvent pour donner aux
Marais Criminels toute la force et la subtilité qui nous font espérer pour elles des carrières longues, très longues...

mardi 23 février 2010

Alexandre Messina, Les Marais Criminels

Alexandre Messina, à droite, en conversation 
avec Pierre Barouh pendant le tournage.
Comédien formé sur les planches par Pierre Reynal, Alexandre Messina s'est lancé avec passion dans l'aventure de la réalisation. Après plusieurs courts-métrages et documentaires, un premier long en 2006, il nous présente aujourd'hui Les Marais Criminels, road movie sur deux âmes perdues en plein Marais Potevin.

Alexandre Messina envisage l'entreprise de réalisation comme un parcours de recherche. Il admet  la difficulté de concilier une volonté d'originalité avec une réalité cinématographique dont l'horizon serait en quelque sorte arrivé à son extrêmité. Il s'agit de révolutionner non plus sur la forme, puisque tout semble avoir été fait par les plus grands, mais sur le fond. Il se concentre donc sur ce qu'il appelle « l'âme des personnages », le ressenti des acteurs, leur mécanique d'incarnation.


C'est pour cela qu'il a choisi de très peu écrire le scénario des Marais Criminels, laissant ainsi une grande liberté à ceux qu'il dirige et une grande place à l'émotion brute. Il refuse toute tentative de conditionnement du spectateur ; tout décrire sur le papier jusqu'au dernier battement de cil est pour lui plus qu'une aberration. Entreprise louable mais très peu appréciée par les sociétés de production amarrées à la notion de rentabilité. Fort heureusement, il a rencontré des individus qui ont cru en lui et l'ont aidé à mener à bien ce projet. Il cumule ainsi les casquettes de réalisateur, co-scénariste et producteur. Responsabilités lourdes à porter mais c'est un passionné, passionné exigeant qui aime  avant tout partager, échanger et faire découvrir.

Alexandre Messina raconte qu'il a découvert le Marais Poitevin un peu par hasard et a été immédiatement séduit par l'atmosphère des lieux. L'omniprésence de l'eau, la tranquilité des espaces, semblaient le meilleur refuge pour ses deux héroïnes en mal d'amour à la recherche d'elles-mêmes. Afin de pousser l'expérience à son paroxysme, internet, télévision et téléphones portables ont été bannis du tournage, obligeant les deux jeunes actrices principales Céline Espérin et Ophélie Bazillou à une introspection parfois douloureuse. Ce processus de création pourrait paraître extrême, néanmoins il a permis aux individus de se révéler, de se réincarner et  d'apporter fraîcheur et intensité au récit : « Il y a une grâce sur ce film que je n'ai rencontré nulle part ailleurs », précise t-il.


En amenant ainsi les êtres à se dépasser, Alexandre Messina offre au spectateur un univers rempli d'idéaux brisés et de rêves inaccomplis, qui puise sa force dans le renouvellement constant des individus et de leurs aspirations. Ce film est le projet d'une décennie mais pas celui de toute une vie, alors à quand le prochain ?





Les Marais Criminels
Sortie le 3 mars 2010

vendredi 19 février 2010

Micky Green - Honky Tonk

Sortie le 15 février 2010

Il y a deux ans on découvrait la pop acidulée de Micky Green avec son premier album White T-Shirt, dont le titre phare Oh ! résonne encore sur les dancefloors. La jolie blonde australienne revient avec un deuxième opus, Honky Tonk, dans les bacs depuis le 15 février.

Elle a de faux airs de Marylin, des yeux de biche, un passé de mannequin et vient de l'autre bout du monde mais c'est en France qu'elle a posé ses valises. Lassée des podiums, elle a élaboré avec Renaud Letang (producteur de Manu Chao et Alain Souchon) son premier album White T-Shirt.

Forte du succès et de l'engouement provoqués par ce premier essai musical elle a voulu réitérer l'expérience. L'enjeu était de taille, il s'agissait de séduire à nouveau un public de plus en plus pointilleux. Elle a donc enclenché un virage à 180 degrés et nous propose des compositions à l'accent groove et envoûtant, axés sur la voix langoureuse de la demoiselle. L'ambiance est intimiste, funky, ponctuée par les cuivres et les choeurs. On ouvre une nouvelle porte, marquée par des influences jazzy et soul. Plus posé, Honky Tonk nous entraîne sur les grandes artères américaines et nous donne envie de dévorer les kilomètres au volant d'une belle mécanique. Le titre de l'album est une référence aux Rolling Stones, icônes du rock habitués aux titres anthologiques.



La musique comme échappatoire, c'est ainsi que Micky perçoit le règne des notes. Elle expérimente, elle évolue, elle va mêm jusqu'à miauler sur le titre Scaredy Cat. Sa musique accompagne la fin de l'hiver et nous amène à la lisière du printemps, donnant des envies de pique-nique dans les bois et de cafés en terrasse. On regrette un peu la régularité rythmique de ces treize nouveaux titres mais on ne saurait en nier l'efficacité et l'attrait. Parfait pour commencer la semaine et redonner envie de sourire dans le train-train quotidien.


Un peu de verdure dans la grisaille, Micky Green sera en concert dans toute la France à partir de mars 2010 pour partager les clés de son jardin.




Micky Green - Honky Tonk





Sortie le 15 février 2010


www.mickygreen.com

www.myspace.com/mickygreenmusic

mercredi 17 février 2010

Les Marais Criminels

Sortie nationale le 3 mars 2010.
Réalisé par Alexandre Messina avec Ophélie Bazillou et Céline Espérin

Sur les traces de Thelma et Louise

Juillette, jeune danseuse, rêve de firmaments et de Lac des cygnes. Mais c'est sous les traits de Shéhérazade que chaque nuit elle s'effeuille dans un bar glauque de la Place Pigalle. C'est là qu'elle rencontre au hasard d'un couloir Axelle, aspirante serveuse.

Une dispute, un coup de feu, la panique et puis la fuite. Au fil des kilomètres, ces deux âmes à la dérive vont apprendre à se connaître, à s'apprivoiser. Sans but ni attaches elles vont errer sur les routes de Vendée, découvrir des paysages, des ambiances de villages et des parfums de liberté. Dérivant au hasard des rencontres et des chemins de terre, leur quête d'un refuge va les mener jusqu'au Marais Poitevin. C'est au milieu des chevaux et des canaux qu'elles vont tenter de reprendre pied, de sortir du tourbillon de la cavale.


Histoire de femmes


Axelle et Juillette, isolées au milieu du monde sont deux coquilles d'oeuf prises dans la tourmente. L'une est chêne, l'autre roseau. La vie, sans les épargner leur a donné l'opportunité de se rencontrer. Elles doutent, pleurent, crient, se cherchent et se bousculent, Juillette repousse les limites, Axelle les construit. D'une rencontre atypique naît la fusion où chacune se dilue.

Alexandre Messina, réalisateur et co-scénariste, avait tout d'abord envisagé un couple homme-femme pour cette cavale à quatre mains. Mais au fil du processus de création, l'idée d'une distribution féminine s'est peu à peu imposée. Car la tension sexuelle entre deux individus de genres différents aurait risqué de détourner le propos du film qui était de montrer la beauté d'un instant, d'un vécu, d'une histoire. Il a choisi de tourner dans le Marais Poitevin pour son isolement et sa lumière. Pour ces instants magiques où le temps est suspendu et les paillettes d'or affleurent à la surface de l'eau. Directeur exigeant,
Alexandre Messina a tenu à créer pendant le tournage des conditions hors normes, coupées du monde. Paradoxalement il laisse énormément de libertés à ses acteurs en réduisant le scénario à son substrat, permettant ainsi une improvisation permanente qui créé cet effet de fraîcheur et de spontanéité.


Céline Espérin et Ophélie Bazillou nous offrent un duo solaire et initiatique dont la pureté fait envie. A découvrir sans scrupules ni a priori, Les Marais Criminels sont un souffle de vie.



mardi 16 février 2010

Ander - Roberto Caston

En salles le 17 février 2010


Le film de Roberto Castón part à la découverte de l'amour.


Romance au Pays Basque


Ander, célibataire endurci, vit avec sa mère et sa soeur Arantxa dans une région isolée du Pays Basque, la Biscaye. Sa vie est partagée entre les travaux de la ferme familiale et l'usine du coin. Peu de temps pour les loisirs, quelques heures dans les bras de la douce Reme la prostituée, quelques beuveries viriles, voilà tout. Jusqu'au jour où, immobilisé à la suite d'un accident, il est obligé d'engager José, un ouvrier agricole argentin. José débarque ainsi avec son petit sac, son sourire lumineux, sa douceur et sa timidité. L'immigré va bouleverser le monde si cloisonné du paysan et lui faire ressentir des choses dont il ne soupçonnait même pas l'existence, faisant voler en éclats ses certitudes originelles.

Aimez-vous les uns les autres


Primé dans divers festivals et notamment au Festival International de Berlin où il a reçu le prix Cicae, Ander est le premier long-métrage de l'Espagnol Roberto Caston. Président du Festival international de Cinéma Gay, Lesbien, Bisexuel et Transsexuel de Bilbao depuis sa création en 2004, Caston voulait représenter l'amour sous toutes ses formes. Histoire de compliquer les choses, il a choisi de situer son histoire dans un milieu rural, fermé, où les valeurs morales priment et où aucune place n'est faite à la sensiblerie. Josean Bengoetxea est parfait en ours bourru quarantenaire en mal d'affection et Christian Esquivel, que l'on a pu apercevoir dans le Che de Soderbergh, campe un déraciné à l'aura solaire. Leur histoire d'amour, qu'elle soit considérée comme atypique, hors norme ou indécente ne peut laisser indifférent. La force qui émane des sentiments pourrait être utilisée dans une logique moralisatrice mais il n'en est rien.



Pas de révolution donc, mais de l'amour, beaucoup d'amour, que demander de plus ?



Ander
un film de Roberto Castón
Avec Josean Bengoetxea, Christian Esquivel.


Durée : 1h48

vendredi 29 janvier 2010

Disgrâce de Steve Jacobs, avec John Malkovich

Sortie le 20 janvier 2010
Un film de Steve Jacobs. Inspiré du roman de J.M. Coetzee, Prix Nobel de littérature. Avec John Malkovich, Jessica Haines, Eriq Ebouaney.

David Lurie, universitaire spécialiste de Byron vit au Cap en Afrique du Sud. Cinquantenaire divorcé, amoureux des femmes, il n'a de cesse d'assouvir sa passion, peu soucieux des conséquences.



Jusqu'au jour où, suite à la plainte d'une étudiante, il est contraint de démissionner. Il quitte alors l'agitation citadine pour rejoindre sa fille Lucy qui vit seule dans une région isolée où rien ne pousse si ce n'est les fleurs qu'elle cultive. Lurie découvre un univers où l'Apartheid a laissé des blessures impossibles à refermer. Les lois tacites qui régissent la communauté restreinte sont des barrières difficiles à franchir.



Témoin impuissant du viol de sa fille, il va prendre conscience de l'ampleur des violences faites aux femmes et de son implication personnelle dans la dénaturation féminine. Lui qui était en état de disgrâce va peu à peu créer les marches de sa reconstruction.


Ce projet, c'est celui de la productrice Anna-Maria Monticelli. Admiratrice de l'oeuvre de Coetzee elle s'est empressée d'acquérir les droits de Disgrâce (primé par le Booker Prize en 2009) et de proposer une nouvelle collaboration à Steve Jacobs, avec qui elle avait déjà travaillé sur La Spagnola. Ils avaient à coeur de s'entourer d'individus sensibles à l'univers littéraire très particulier de Coetzee. Avec comme toile de fond le ballet des relations familiales, il s'agit de peindre une réalité, celle de l'Afrique du Sud. Une Afrique brûlante et méconnue, chargée d'Histoire et de douleurs.




La lumière vive éblouit et John Malkovich est incroyable dans ce rôle de père en butte avec une réalité qui le dépasse. Jessica Haines qui joue Lucy fait ici ses débuts au cinéma. La tranquilité et la force qu'elle dégage confèrent à son personnage une aura quasie-mystique. Eriq Ebouaney, méconnaisable et stupéfiant vient compléter le tableau figuratif.



Ce film met à mal le principe de rédemption. Il traite d'amour, de valeurs, de traditions, d'échanges, de déchirements et de passions. Une belle découverte mais surtout une adaptation très réussie.

dimanche 10 janvier 2010

Hindi Zahra - Handmade

18 janvier 2010
Sortie album
World music


Hindi Zahra, reine de la world music


Handmade, le premier album d'Hindi Zahra, est dans les bacs depuis le 18 janvier et une multitude de concerts sont programmés en France. A découvrir au plus vite !



Citoyenne du monde, Hindi Zahra présente son premier album. Elle y mêle ses influences et ses origines. Sa voix a pris possession des ondes avec le premier single Beautiful Tango et ce n'est qu'un début...


La mélancolie et la douceur bercent des mélodies rondes et riches d'apports divers et variés. Hindi Zahra puise ses influences d'un peu partout mais surtout de ses racines qui constituent une base solide de sa création. Berbère, née au Maroc, elle a grandi au son de l'oud d'Oum Khalsoum et des chansons traditionnelles.


On décèle dans les paroles de la jeune femme une peur de se perdre dans l'océan du monde. Sa voix constitue un mélange de tristesse et de force, d'angoisse et de tranquilité. Elle parle de la vie et de ses affres, mais également de la joie que peut nous procurer l'autre. Hindi Zahra concilie sans complexe son histoire propre et celle des siens, sa musique nous fait voguer sur des rivages langoureux, propres à l'échange et au partage.


Elle décortique les rapporte humains, discipline les harmonies et nous livre une parenthèse propice à l'introspection. Handmade, comme son nom l'indique est un pur produit « fait maison ». La plupart des paroles sont en Anglais mais les sonorités venues d'ailleurs ponctuent les accords brisés de la voix rauque de la chanteuse.


Hindi Zahra peut s'enorgueillir de porter haut la bannière de la world music car elle a réussi son pari : perpétuer et charmer.


Lire aussi sur Artistik Rezo, Hindi Zahra lauréate du Prix Constantin 2010.

Et, les meilleurs CD de 2010.



Handmade - Hindi Zahra


Sortie album le 18 janvier