Sortie le 7 décembre 2009
Après une collaboration avec AIR en 2006 (5:55), Charlotte Gainsbourg revient avec IRM, un nouvel album entièrement conçu et produit par Beck.
Un héritage trop lourd
Il aura fallut vingt ans à Charlotte Gainsbourg pour renouer avec la musique. La petite fille de Charlotte for ever (1986) est désormais adulte et poursuit une carrière d'actrice couronnée en 2009 par un Prix d'interprétation au Festival de Cannes pour son rôle dans Antichrist de Lars Von Trier.
Mais le fantôme du père n'est jamais loin. Ce qui explique l'hésitation de la jeune femme à poursuivre une expérience musicale initiée par Lui, le Grand, l'Unique. Elle s'y essaye pourtant en 2006 avec 5:55, produit en collaboration avec AIR, grand nom de la scène musicale internationale. Sa voix chuchotée, etoufée, qui avait tant séduit à une époque, ne convainc pas.
Deuxième essai donc, radicalement différent. Elle a laissé Beck, génie de la musique, prendre les rênes de la création. Très marquée par son accident cérébral (en 2007), elle lui a demandé d'intégrer des sons d'IRM dans les chansons. Dans un univers beaucoup plus rock, très sombre, on s'attendait à ce que le papillon prenne son envol, c'est raté. La voix ténue disparaît dès lors que d'autres sont intégrées. On n'arrive pas à distinguer la « patte » de l'interprète, sa consistance étant trop juste et à force, il est fatiguant de tendre l'oreille à la recherche d'une trace. Cela donne l'envie de découper au scalpel l'enveloppe qui oppresse et empêche la chanteuse de s'exprimer pleinement.
Malgré quelques très bonne compositions, finement ciselées, la sauce ne prend pas. Dommage...
mardi 15 décembre 2009
dimanche 13 décembre 2009
Salif Keita - La Différence
Le chanteur malien a sorti son album La Différence, hymne à la tolérance, à l'amour, et invitation au voyage. Il sera en concert le 12 avril 2010 à l'Olympia.
Les couleurs du Mali
Salif Keita a connu la notoriété dans les années 1970 au sein de deux des plus grands ochestres du Mali de l'époque, Le Rail Band et Les Ambassadeurs. Depuis Soro, son premier album solo, sorti en 1987, cet auteur-compositeur-interprète n'a eu de cesse de renouveler la musique africaine. Sa voix transmet la chaleur de la culture mandingue, il puise dans ses origines la richesse de sa création. Il chante en malinké, bambara et français, démontrant la force que peuvent apporter les échanges.
Après Moffu (2002) et M'Bemba (2005), La Différence est le troisième opus de sa trilogie accoustique. Il s'est entouré de musiciens venus des quatre coins du monde pour donner naissance à un « melting pot » constructif de sons et d'influences.
« Je suis noir, ma peau est blanche et moi j'aime bien ça. C'est la différence qui est jolie » chante-t-il dans La Différence, premier titre de l'album éponyme. Enregistré entre le Mali, Les Etats-Unis et le Liban, réalisé par Patrick Renson (qui a notamment travaillé avec M ou Vanessa Paradis) ce petit bijou est un hymne à la tolérance et à l'amour. Les rythmes enchanteurs invitent au voyage et à la découverte de terres inconnues. Le dépaysement est total, les nuages s'effacent pour faire place au soleil brûlant de l'Afrique.
L'amour et rien d'autre
Sa couleur de peau a fait de Salif Keita un ambassadeur de la tolérance. Né Albinos au Mali, il a dû faire face dès sa naissance à la méfiance et au rejet véhiculés par des croyances ancestrales. Lui, le descendant de l'empereur Soudjata Keita, a su faire de sa différence épidermique une force. Très engagé auprès de diverses associations, pour la reconnaissance des droits des albinos et pour la préservation de l'environnement, il se bat avec les armes qui sont les siennes, contre la bêtise et l'ignorance. Sa musique véhicule des valeurs universelles d'entraide et de partage. C'est un appel à la réflexion sur notre condition d'hommes mortels, sur l'importance de l'amour et du cadeau qu'est la vie.
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