Small boat big seaSortie le 2 décembre 2009
Le chanteur britannique sera sur la scène du Café de la danse, le mardi 1er décembre pour la promotion de son album Small boat big sea, dont la sortie est prévue pour le 2 décembre 2009.
Voyage au long cours
La douceur, la délicatesse de la voix, nous entraînent dans des mélodies qui incitent à la rêverie. Ed Laurie nous ouvre les portes de son monde fait de voyages et d’échanges, de la fusion des genres et des origines. Ce qu’il nous propose est une exploration de l’intime, un mélange subtil de folk et d’influences venues des quatre coins du globe. Le résultat est unique, tout en finesse. Vies qui s’écoulent, parchemins que l’on déroule, la carte de ses chansons donne des envies d’évasion. Nul besoin d’orchestre philarmonique, la simplicité recherchée implique une ligne instrumentale épurée, il s’agit de faire passer le plus d’émotions possibles sans s’encombrer de fioritures. Ayant lui-même des origines russes, brésiliennes et britanniques, fan des virtuoses Django Reinhardt ou Atahualpa Yupanqui, il a été chercher ses musiciens en Italie (Manuel Randi, guitariste et clarinettiste, et Andrea Polato, percussionniste) et ses choristes en Norvège (Anna et Elizabeth). Cette rencontre du chaud et du froid a donné lieu à une réaction chimique, fusionnelle qui nourrit les titres et leur apporte une force indéniable.
L’âge de raison
Ed Laurie a connu plusieurs vies dans sa carrière musicale. De formation classique, il s’est laissé charmer par la chaleur d’une guitare flamenco puis par le milieu du rock. D’excès en pertes de contrôles, il avoue s’être perdu avant de trouver le chemin de la tranquillité : « Il arrive un moment où l’on s’aperçoit que l’on n’est plus le centre du monde » dit-il avec humour. Cette prise de conscience marquera un tournant dans son évolution musicale. Il privilégie désormais des ambiances intimistes qui permettent de partager toute l’intensité des instruments. Il avoue exécrer les amplificateurs qui sont pour lui synonymes de distorsion du son. Etant toutefois obligé de les utiliser, il fait en sorte que cela soit fait de la façon la plus intelligente possible et cela passe par des prestations dans des salles de tailles modestes. Il devient ainsi le cauchemar des tourneurs qui souhaiteraient voir sa musique diffusée pour le plus grand nombre. Heureusement, « Tôt ou tard », le label avec qui il a signé en 2006 comprend ce besoin de partager directement, intimement.
Le titre de l’album vient d’un conte inventé pour ses enfants. L’histoire d’un jeune garçon perdu au milieu de l’océan qui voit son embarcation se réduire telle une peau de chagrin. Ed Laurie peut manœuvrer son bateau en toute confiance, il est à bord d’un insubmersible.
Quel est le premier évènement artistique marquant de votre vie ?
« Champ de blé au corbeau », une toile de Vincent Van Gogh. La force qui s’en dégage est impressionnante. J’étais jeune mais elle m’a donné envie de m’intéresser au personnage.
Existe-t-il un espace qui vous inspire ?Dans l’eau, c’est un élément très apaisant.
Quelle est votre idée de la consécration artistique ?Réussir à toucher les gens. Si je n’y arrivais pas, j’estimerais avoir failli dans mon métier de musicien.
Quelles sont vos obsessions et comment nourrissent-elles votre travail ?J’aimerais être ma seule référence. Par là je veux dire que je souhaiterais que les gens ne m’affilient pas en permanence à d’autres artistes même si c’est très flatteur. Je sais que c’est une envie très présomptueuse mais c’est une idée qui me fait travailler dans une volonté d’offrir aux gens quelque chose de différent de ce qu’ils ont déjà entendu.
Quelle place prend votre travail dans votre vie ?Il est très difficile de s’en détacher mais il est indispensable de faire des pauses pour éviter que cela tourne à l’obsession.