jeudi 26 novembre 2009

Ti Harmon : une Américaine à Paris

Le 27 novembre 2009
Bizz'art

La chanteuse de jazz est en concert le 27 novembre 2009 au Bizz’art dans le cadre de la soirée Women of soul. Rencontre.

New York/Madrid/Paris

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle a toujours voulu chanter. Elle a grandi à Philadelphie mais c’est à New York qu’elle a commencé à professionnaliser sa fibre artistique. Diplômée de la New York University en théâtre, elle a longtemps dirigé sa propre compagnie jusqu’au jour où elle a eu envie de changer de vie, de faire de sa passion pour le chant une nouvelle carrière. Au début de l’année 2002, elle s’est envolée pour l’Espagne pour suivre son cœur mais surtout pour apprendre la musique. Perfectionniste, elle ressentait le besoin de pouvoir concrétiser ses désirs auprès de musiciens et cela passait par une connaissance des instruments, du solfège, des variations et des harmonies. Elle s’est donc mise au travail, toujours portée par un optimisme sans faille. Ses pérégrinations l’ont ensuite menée jusqu’à Paris qui reste pour elle la capitale de la culture, de la création, où tout est possible.
Elle y a d’abord rencontré  Thomas Hugenel (contrebasse) puis  Germain Guyot (piano), Anthony Menier (batterie) et Stéphane Berti ( guitare). Elle avoue fonctionner à l’instinct, si le « courant » ne passe pas, rien n’est possible. Fort heureusement, elle a trouvé dans ceux qui l’entourent un soutien porteur pour la création, une énergie similaire, lumineuse.

Women for soul

Ses goûts musicaux sont  éclectiques en tant qu’auditrice mais dans son rôle de  chanteuse, c’est le jazz qui a sa préférence. On ne saurait s’en plaindre,  sa voix douce, chaude et sensuelle délivre des électrochocs qui hérissent les poils. La mélodie porte les mots. Les chansons, fragments de vies nous donnent une impression de proximité émotionnelle qui nous laissent tous chamboulés. L’osmose avec ses musiciens prend dès lors tout son sens. Ils n’ont pas de protocole de travail, chaque mot finit par trouver sa note au gré des expérimentations. Chacun propose, expose et c’est ce qui fait toute la richesse de cette musique qu’ils composent à dix mains.
Ti Harmon est une chanteuse généreuse. Son besoin de partager se traduit par sa collaboration avec d’autres artistes féminines pour la soirée Women for soul. Il ne s’agit pas d’exclure les hommes mais plutôt de présenter ce dont les femmes sont capables.
L’album est en cours d’élaboration,  en attendant, précipitez-vous au Bizz’art le 27 novembre 2009 et laissez-vous envoûter...

Quel est votre premier évènement artistique marquant ?
J’avais cinq ans. Je voulais absolument chanter devant toute la classe, rien n’était alors plus important pour moi.

Y a-t-il un espace qui vous inspire ?
Chez moi, tard dans la nuit quand tout est calme. Quelques bougies, de l’encens, je peux alors laisser libre cours à mes envies créatrices.


Quelle est votre idée de la consécration artistique ?
Que ma musique touche le plus de monde possible. Le jazz n’est pas une musique facile à transmettre.

Quelles sont vos obsessions et comment nourrissent-elles votre travail ?
Je suis pleine d’obsessions. Je suis une perfectionniste. Il m’arrive de réécrire une chanson des dizaines de fois jusqu’à ce que j’aie trouvé ce que je cherchais. C’est une question de vibrations, de sensations, quand ça marche, ça marche.

Quelle place prend votre travail dans la vie ?
Il est toujours là, la musique est partout. Il m’est très difficile de voir des concerts, ça me rend très nerveuse, je compare tout, ça devient impossible.

lundi 23 novembre 2009

Micha Patault - No more Bhopals

A l'occasion du 25e anniversaire de la catastrophe de Bhopal, La Maison des Photographes accueille le 1er décembre l'exposition « No more Bhopals » du photographe indépendant Micha Patault. Focus sur une tragédie humaine.

Petit rappel des faits
Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, une usine de pesticides explose au beau milieu d'un bidonville de Bhopal (dans l'Etat du Madhya Pradesh) en Inde. 40 tonnes d'isocyanate de méthyle se répandent dans l'atmosphère, tuant 8000 personnes dès la première nuit. Suivront des dizaines de milliers d'autres victimes, intoxiquées par les gazs mais également par l'eau des nappes phréatiques. En effet, à ce jour, le site de l'usine laissé à l'abandon par ses propriétaires Américains (l'entreprise Dow Chemicals qui a succédé à l'usine Union Carbide), n'a toujours pas été décontaminé. Les produits toxiques ont ainsi infiltré les sols, provoquant une pollution lourde de conséquences pour les habitants alentours.

Un engagement aux côtés des victimes
C'est à la suite d'une émission radiophonique de Daniel Mermet, « Là-bas si j'y suis » sur la catastrophe de Bhopal (diffusée en 2004) que Micha Patault a commencé à s'intéresser à cet évènement dévastateur.
Originaire de Marseille où il a fait les Beaux Arts et après un passage à l'Institut des Langues Orientales de Paris pour apprendre l'Hindi, ce jeune photographe indépendant n'a pu résister à l'envie impérieuse de se rendre en Inde pour constater de ses propres yeux l'ampleur des dégâts. C'était en 2005. Ce premier voyage lui a permis d'évaluer une situation problématique et de rencontrer les acteurs d'un combat engagé depuis 1984. De cet « état des lieux » est née l'envie d'étoffer une banque d'images de la catastrophe jusqu'à lors trop pauvre. Fort du soutien de la Sambhavna Clinic (qui prend en charge les victimes collatérales de l'explosion chimique), il a ainsi engrangé des milliers de photos, témoignages de générations actuelles et futures sacrifiées au nom d'intérêts économiques. En effet, les responsables (Warren Anderson, PDG de l'époque notamment) courent toujours malgré les mandats d'arrêt lancés à leur encontre.

Micha Patault a choisi de découper son travail en trois parties : gaz/eau/témoignages, offrant ainsi au spectateur une vision globale de la situation humaine. L'oeil ne peut qu'être choqué par cette réalité effrayante trop peu évoquée. Le travail du photographe s'inscrit non seulement dans un devoir de mémoire mais aussi dans une volonté d'apporter un soutien au combat, pour défendre les droits de l'homme les plus élémentaires, pour que justice soit faite.

mercredi 11 novembre 2009

Ed Laurie, poète du folk avec "Small boat big sea"

Small boat big sea
Sortie le 2 décembre 2009

Le chanteur britannique sera sur la scène du Café de la danse, le mardi 1er décembre pour la promotion de son album Small boat big sea, dont la sortie est prévue pour le 2 décembre 2009.


Voyage au long cours

La douceur, la délicatesse de la voix, nous entraînent dans des mélodies qui incitent à la rêverie. Ed Laurie nous ouvre les portes de son monde fait de voyages et d’échanges, de la fusion des genres et des origines. Ce qu’il nous propose est une exploration de l’intime, un mélange subtil de folk et d’influences venues des quatre coins du globe. Le résultat est unique, tout en finesse. Vies qui s’écoulent, parchemins que l’on déroule, la carte de ses chansons donne des envies d’évasion. Nul besoin d’orchestre philarmonique, la simplicité recherchée  implique une ligne instrumentale épurée, il s’agit de faire passer le plus d’émotions possibles sans s’encombrer de fioritures. Ayant lui-même des origines russes, brésiliennes et britanniques, fan des virtuoses Django Reinhardt ou Atahualpa Yupanqui, il a été chercher ses musiciens en Italie (Manuel Randi, guitariste et clarinettiste, et Andrea Polato, percussionniste) et ses choristes en Norvège (Anna et Elizabeth). Cette rencontre du chaud et du froid a donné lieu à une réaction chimique, fusionnelle qui nourrit les titres et leur apporte une force indéniable.

L’âge de raison

Ed Laurie a connu plusieurs vies dans sa carrière musicale. De formation classique, il s’est laissé charmer par la chaleur d’une guitare flamenco puis par le milieu du rock. D’excès en pertes de contrôles, il avoue s’être perdu avant de trouver le chemin de la tranquillité : « Il arrive un moment où l’on s’aperçoit que l’on n’est plus le centre du monde » dit-il avec humour. Cette prise de conscience marquera un tournant dans son évolution musicale. Il privilégie désormais des ambiances intimistes qui permettent de partager toute l’intensité des instruments. Il avoue exécrer les amplificateurs qui sont pour lui synonymes de distorsion du son. Etant toutefois obligé de les utiliser, il fait en sorte que cela soit fait de la façon la plus intelligente possible et cela passe par des prestations dans des salles de tailles modestes. Il devient ainsi le cauchemar des tourneurs qui souhaiteraient voir sa musique diffusée pour le plus grand nombre. Heureusement, « Tôt ou tard », le label avec qui il a signé en 2006 comprend ce besoin de partager directement, intimement.
Le titre de l’album vient d’un conte inventé pour ses enfants. L’histoire d’un jeune garçon perdu au milieu de l’océan qui voit son embarcation se réduire telle une peau de chagrin. Ed Laurie peut manœuvrer son bateau en toute confiance, il est à bord d’un insubmersible.


Quel est le premier évènement artistique marquant de votre vie ?
« Champ de blé au corbeau », une toile de Vincent Van Gogh. La force qui s’en dégage est impressionnante. J’étais jeune mais elle m’a donné envie de m’intéresser au personnage.

Existe-t-il un espace qui vous inspire ?Dans l’eau, c’est un élément très apaisant.

Quelle est votre idée de la consécration artistique ?Réussir à toucher les gens. Si je n’y arrivais pas, j’estimerais avoir failli dans mon métier de musicien.

Quelles sont vos obsessions et comment nourrissent-elles votre travail ?J’aimerais être ma seule référence. Par là je veux dire que je souhaiterais que les gens ne m’affilient pas en permanence à d’autres artistes même si c’est très flatteur. Je sais que c’est une envie très présomptueuse mais c’est une idée qui me fait travailler dans une volonté d’offrir aux gens quelque chose de différent de ce qu’ils ont déjà entendu.

Quelle place prend votre travail dans votre vie ?Il est très difficile de s’en détacher mais il est indispensable de faire des pauses pour éviter que cela tourne à l’obsession.